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Salomé Zourabichvili (une française à la mairie de Tbilissi)


Florence Lebert

Salomé Zourabichvili, Ambassadeur de France en Géorgie puis ministre des Affaires Etrangères pour le gouvernement du président Mikhaïl Saakachvili vient de fonder son parti politique. Aujourd’hui, elle brigue la mairie de Tbilissi. Un parcours unique pour cette Française devenue Géorgienne. Salomé Zourabichvili est née à Paris d’une famille géorgienne immigrée. Baignée par cette culture, elle porte aussi celle de la France dont elle a défendu les valeurs au cours de sa carrière diplomatique. En novembre 2003, elle obtient le poste d’Ambassadeur en Géorgie. Pour elle, c’est un retour sur la terre que les siens ont fui à l’arrivée de l’armée rouge. C’est aussi un tournant marquant dans l’histoire du pays. Le président Edouard Chevarnadze vient de tomber sous la pression populaire de la Révolution des Roses. En janvier 2004, le président Mikhaïl Saakachvili est élu avec 97% de voix et forme son gouvernement. De passage à Paris, il négocie le « prêt » de Salomé avec le président Jacques Chirac pour le poste de ministre des Affaires Etrangères. Du jamais vu. Mais dix-huit mois plus tard, Salomé est limogée. Elle fonde alors son parti politique, La Voie de la Géorgie, et brigue la mairie de Tbilissi en tant que candidate de l’opposition en vue des prochaines élections prévues en octobre. « J’ai fait ce choix car les autorités sont en train de dévier de la démocratie et l’économie s’enfonce dans la crise. Or la Géorgie ne peut pas se permettre une nouvelle révolution par la rue. Il faut qu’elle vienne par les urnes. Les prochaines élections sont un enjeu crucial. » Le 15 août dernier, elle a rassemblé les 50 000 signatures nécessaires. Mais le pari est loin d’être gagné. La nouvelle démocratie n’est plus que l’ombre d’elle-même. Certains partis de l’opposition boycottent ces élections jugées faussées d’avance. La présidente du parti Social Démocratique de Géorgie, Hatuna Zjordania déplore donc la participation de Salomé: « elle n’a pas vécu ici et ne connaît pas les problèmes que nous avons ». Un refrain tenu par tous ses détracteurs qui la considèrent comme une étrangère. Konstantiné Gamsakhourdia, fils du premier président de Géorgie et rentré de douze années d’exil en Suisse, a pris la tête du parti de droite, La Liberté : « ces élections sont une farce car tout est joué d’avance. Le Mouvement National a largement l’avantage ainsi que le cercle très soudé de Mikhaïl Saakachvili. » Dans la rue, les critiques sont vives. Certes il y a eu des améliorations mais les résultats concrets ne sont pas assez visibles. Le salaire mensuel moyen tourne autour de 60 euros, le taux de chômage reste très élevé, les retraites sont misérables... Salomé incarne l’espoir pour de nombreux Géorgiens, avec notamment l’ouverture sur l’Europe. Mais son combat contre le gouvernement en place ressemble à celui de David et Goliath. Texte : Bérénice Debras : 33 (0) 6 16 47 10 58 / bereniced@wanadoo.fr



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